samedi 31 octobre 2009

sang qui [ne] réduit [pas] l'allure





débraillé ; emmitouflé
à marcher ses doigts
gelés fêlés gênés mêlés
à l'autre bout de la ville
sa bouche brûlante sur
sa bouche brillante
au coeur du marché 
de minuit ; frigorifié
sans réduire l'allure
ses cheveux de coton
vert vers la montée, la porte
au paillasson hallucinogène
les substances étalées ; cubé ;
aux quatre côtés du carré ravagé
les huit paupières les dernières
après les premières condamnées
en route leurs quatre mains grêlés
croûtes de la route en déroute scellée
mais les jambes de rapidité cérébrale
mais les jambes de vivacité verticale
dans un dernier baiser recruté, enroué
dans la rue réapparue où le bout n'y est
qu'au bout ; ardent clôturé engouffrant


les corps cadenassés somnolent ; comme bleus



lundi 26 octobre 2009

ma descente florissante

 *


je divague et reste toujours
là.

le corps ne bouge plus. sans
quoi il ne veut plus. sans moi
il mourra. avec toi il ne pourra
pas.

je ne tonds pas la pelouse en
été. je ne passe pas l'aspirateur
toute l'année. je ne fais pas la
vaisselle encombrée. je ne lis
pas les livres suggérés. sauf
un.

les paupières sont baissées à
toute heure matinale. et je feins 
et je feinte et je féconde ça et ça
pour ne pas y aller, ne pas y re
tourner. je m'envase - cotonné et
seul.


*

mercredi 21 octobre 2009

estomac sucré



estomaqué ; d'un


estomac manqué

estomac maqué

estomac marqué

estomac

que je ne vois
pas.

que je ne verrai
pas.

que je viderai
sûrement
entièrement
passivement
défensivement

progressivement

d'un manque
certainement
certain

pour tant
de maladresses
pourtant
vitales.


samedi 17 octobre 2009

diable déclaré

il aiguise ses crocs dans la pénombre de l'église. près à dévorer les saletés délavées. derrière les façades de pierres cafardeuses ; il s'étend et se cache, se fondant dans le paysage malsain, pro-urbain. croque-mitaine aux tocs de chocs. son désir, groupement de blocs de proies en alignement de briques. il renifle l'air des buées, siffle hante et bloque son arrivée, oxygène. quand la prise le méprise. il est près comme l'hiver soucieux de jaillir. sans surprise. pour que les cris de sa capture dure, elle surgit, dure. la ruelle morne en cul de sac fait le festin du croque-mitaine ; et le destin, la fin, de la victime. sans mine.



jeudi 15 octobre 2009

bouffée salée


je mange en étalage.
rayons de bouillons. code barre plastifié et paradoxe à la caisse. les dents de la fourchette sont rouillés comme inanimé. embryons sous la peau, je gratte, gratte la croûte dans l'assiette. les ferrailles sur les étagères vomissent pour recycler. je danse dans une boîte à conserve sans réserve. observe les documents digérés et croise les couverts ensanglantés. conservé, conservable, concevable, à conserver. sans modération pour la déchéance de mes mots.
conservatrice.

pour demain dernier détour

*
le papier qui se brûle.
et je n'ai plus de retour.

le visage qui se plisse.
c'est salement triste.

que je n'ai plus de lettre.
pastilles touchées
pastilles coulées.