jeudi 31 décembre 2009

****

.

c'est comme s'endormir au volant
une bouteille eau-de-vie en main.

.

un coup de pluie

.


est-ce que tu veux de mon coup de foudre.
aussi meurtrier soit il - ainsi sois je. est-ce
que tu. la mystérieuse ; la ravageuse. je
pointe avec mes doigts ces différents points.

une place interminable dégueule d'une pluie.
une place interminable qu'a la pluie dans la gueule.
et des pavés innombrables qui dérange ma marche.
est-ce que tu. démarche fugitive. détale quand

je t'embrasse.



le 23 décembre 
One day of rain 


dimanche 20 décembre 2009

entêtée glacée


je
tombe
avec ma
fumée
comme la
neige
et
ses
flocons.

j'écrase mes anges avec mes jambes. petites allumettes craquées, taquinées sur le bord du papier. noircir l'amer dans le gouffre polaire. je glace et me ramasse. échange des mots dans la cabane. le mouchoir blanc n'aspire pas mes tremblements. carbonisés dans un coin du feu en cavale. je reste un malade saignant. incompétent au fusil chargé. devant la poussière du torrent. au fil du vent meurtrier tel un boucher. sur le bûcher bouché par tant de fumées, les mains se sert les coudes intouchables. et le bras se voit brûlé par ce petit bout de bois. car la tête ne résiste pas à la maladie entêtée.


vendredi 18 décembre 2009

somnolente poésie

ce soir je me saoule
je m'arrache le bras
avec le pied d'une biche
larmoyante et manipulatrice.

le pont fait un bruit
horrible et ment, fort.
es-tu prêt à tomber à
l'eau pour me rejoindre
au fond du gouffre.

Morcheeba va nous unir dans un fragment de liberté.

je n'ai plus à te chercher.
enchaînés à un doigt.
je n'y vois plus rien.
l'alcool à l'arrière goût
est à l'arrière de ma tête.

demain j'en aurais plus envie.
les images pour le réveil
vont me faire craquer tout
entier. je ne bougerais
pas.
allergique
à l'eau, ce
sera mon
certificat
médical.

les bouteilles vides me donnent soif.

le jour n'est pas levé
et j'ai déjà tout recommencer.
vidés les cendriers.
mangés le monde et les bombes.
écoulés les cafés.

je m'enfonce dans le lit,
somnolente la poésie.

vendredi 11 décembre 2009

les montagnes infranchissables


 
il me tues 

assis sur la flèche blanche, droite, noircie.
assis au milieu du bitume avec vue sur
assis sur les montagnes de ton corps.

tu fumes avec moi le reste de place au bord de la colline.

pleine lune. lune folle. folle d'une. une sauterelle pleinement folle.
fêlée.
tombée.
ratatinée.

peut-être bien cinglée.

assissent les montagnes de ton corps. 

sourire en coin, tu peux fouiller dans mes recoins.
pousse hier et propulse mes demain à quatre mains.
lendemains et surlendemains en un tournemain.

il n'y a pas de lien plus insurmontable
que sa seule idée de déchirure,

il nie ses pas, n'avancera pas.
il n'y fera rien, même pas pour demain.

des notes fluorescentes glissées dans
les mémoires d'un ancêtre aux succès,
aux accès, aux excès rimant avec décès.

il semble se sentir prêt pour les oubliettes.
pincettes de prince,
il porte sa mémoire dans le porte-allumettes.


il boit sa tristesse et noie ses avants
bras avant que l'eau ne soit chaude.

tu fumes avec moi le reste de place entre nous.

lundi 7 décembre 2009

nothing

**

mon dos se glace
mes doigts craquent

juste un coup de violon
il ne se réveillera pas un coup
de violon il se

j'ai essuyé la poussière
sur ces pages que tu cachais
je me suis fais démasquer
à cause des flammes que
j'ai mis là juste entre une
ou deux pages j'ai mis
ça là

écrire des brouillons
comme brouillés de
tout ce que j'ai fais

**

samedi 5 décembre 2009

avalanche









des séquelles au fond des yeux
il tape sa cendre aux sons de
ces mots. sa langue ravageuse.

il ne termine pas parce qu'il n'y croit pas.


les rôles s'inversent.


cyanure.
il n'arrivera pas à lui faire lécher les murs.
il sent ces choses là.
les prochaines fumerolles de
sa motus et bouche cousue
pourraient lui être fatal.


dandyism in
drugstore, chantonnait-il.


des voyages d'aller en retour
une cabine froide il angoisse
le tremblement par terre assoiffé.

qu'est-elle devenue
la peau anciennement lisse.
comment est-elle venue
la peau qui rêvait d'être triste.

des noeuds au ventre.
des briquets d'allumés.
et la nuit qui salue le jour.

il souffle de la gorge à cause de ses troubles tabagiques de la journée.


05'36 : il finit nu comme un vers ses lettres endormies.


filandreuse, la position sur la chaise.
devant le bureau,
devant toutes les feuilles,
devant la fonte de ses glaciers,
devant l'inactivité provoquée par les mains.
devant les bras absents,
devant la cavité cérébrale,
devant la cavité cérébrale bloquée.

maintenant il va falloir y aller.
imaginaire rétrospectif
à frictionner en fornication.

juste (une) craie et (un) bruit.

un dialecte projeté comme
une carte postale envoyée.

il boit et se lève, se lève et s'en va, s'en va et trébuche.
grince des yeux, des dents et de la tête, il le regarde.
évident, formel, réel, complet, limpide, risible, vide.
il trébuche sur la chaise et tombe sur son verre.

ils.
l'un s'imagine, les paupières closes.
l'un les imaginent, les peaux, un jour, de paires.


comme une avalanche charlatan



vendredi 4 décembre 2009

anagrammes inhabituels



je ; mains ; terres ; orges 

ronge
rogne
rouge

ou les rognures du bourg rougeâtres.





je ; marre ;  chez    
moi en plat ; stick

pour un plat de tiques.





je ; mens ; mène

mêle  
merde

dans la merde emmêlée qui ne mène à merde.

mercredi 2 décembre 2009

duo fébrile

 *




duo festif
comme un air arrangé et sans logique
la cigarette se consume entre nos jambes
duo royal
étrange festin
mange mes mains
comme des petites pépites
dépitées ; prêt à être déminé ;
diminué ; dépilé sans s'exclamer
le calcul est parfait refait défait méfait
éraflures condensées, tout juste condamnées
sur nos corps de papiers.


*

lundi 23 novembre 2009

dégainer



quel est mon auteur
tu je ou cette saleté de il
et mon corps, qui l'a
intégré pour l'enterrer
combien de temps
de choses de mots
voilés combien de
mois pour me retrouver
à qui s'adresser
à qui s'abaisser
je n'ai pas assez
de moi pour combler
les dis-moi
envahissants
il n'y a plus de
mots n'engendrant
pas d'accident
au fond pourquoi
s'y perdre pour
ne plus s'y retrouver

dégainer

mercredi 18 novembre 2009

un marque page

une lumière qui s'éteint
une nouvelle sensation de vide ; une autre.
quelque chose qui débloque. quelque quoi
je ne sais pas. je te dis que je ne sais rien
c'est cérébral c'est cérébral, c'est du aux
céréales aux céréales. ne plus marcher
ne plus pouvoir ne plus voir ; même plus.
sans mot pour ce quelque chose ou ces.
c'est sans signification il n'y a plus de sens
à marcher à pouvoir à voir. souffle-t-on
sur le néant lorsqu'on agite son vent au
dessus de la soupe. est-il émoustillé ou
dérangé ennuyé de mon tourbillon tragique.
une sensation d'aliénation. d'amorce de la
folie si si dévastatrice,

anesthésie absente
anoxie adverse
apathie abondante 
antidote absurde !


un coeur lacéré
délaissé

dimanche 15 novembre 2009

jeux de fin



je ne peux et je jeux
à piéger mes doigts
dans mes yeux à
jamais bleu au côté
de mes deux noeuds
ces centaines de
bleus centenaires
au fond de
mes veines
qui en ont
de la veine
qui n'en n'ont
en vain ; même
pour quelques
cents ; en jetant
les dés au vin -
déjouant - et en
jeter les devins
divins non-voyants -
dessiner au feutre
noir les lignes de
mes mains ; y
souffler ma
tasse
de thé
pour ne
les voir dans
le noir que dans
mes cauchemars





samedi 14 novembre 2009

sac plastique + purée hystérique



on ferme la lumière
on ouvre la fenêtre
on entrouvre le volet
elle n'est pas là.
    la poubelle devant la fenêtre.
elle est trop loin.
à perte de vue.
en face de nous
        la poubelle de l'autre côté du trottoir. 
à perte, les vues.
on a quand même
la lumière
la fenêtre
le volet
fermer
ouvrir
entrouvrir ! 
dans l'aparté, t'as vu
            la poubelle de l'autre côté du trottoir.
c'est ouvert fermé et entre ouvert
putain on a jeté la purée par la fenêtre
putain on a jeté la purée par la fenêtre.

volet fenêtre lumière
tout arrêter ; plus personne
même les rideaux
bouches bouclées ;
plus personne
même plus nous. 


la purée mal aimée a été défenestré.
putain on a jeté la purée. 




jeudi 5 novembre 2009

soulager les feuilles à consoler



la pluie est inondée en flasques d'eau ;
faisant le reflet de nos corps. nos
corps sous le parapluie qui
n'évite pas les flaques
d'eau.

et les
feuilles.
et les feuilles
cramoisies. étalées en masse.
déchiquetées en courtoisie. et
les feuilles écrasées. inanimées.
sans oeil, seules et vers le deuil de
leurs voisines agonisantes. méfiantes.
elles étaient peut être mille. ces feuilles.
mille-feuilles défeuillées. prêtes au cercueil.
trempées. sans accueil au seuil des portes
où elles ont planés. lorsqu'elles étaient encore
séduisantes. immunisantes. éblouissantes ; en
plein vol. mais là, lasses, dans un recueil d'averses,
les feuilles ne sont plus rien.
plus rien qu'un tas de feuilles
à écraser, détruire, meurtrir.


lundi 2 novembre 2009

les mots débités



mon coeur a répétition
mécaniques incontrôlables
mes tensions dédoublées


je redouble d'efforts pour me lever et m'aligner.
le parquet de glace déguise mon appartement.
je vide mon lait bleu dans mon bol blanc mais
pourtant je reste toujours aussi cadavérique.

je me lave et délave mes couleurs peaux.
il n'y a plus de chaussures sans trous ni
blessures. je dérègle mon horloge et re
tourne me tuer pour demain matin. on
ne sait jamais ; le soir me donne l'envie
de ne plus y croire. je me cache dans ma
couverture en attendant que les aiguilles
s'arrêtent ; m'oppressent ; me blessent.


les des seins aux murs
les livres toujours fermés
les mots débités n'ont plus (de) goût


samedi 31 octobre 2009

sang qui [ne] réduit [pas] l'allure





débraillé ; emmitouflé
à marcher ses doigts
gelés fêlés gênés mêlés
à l'autre bout de la ville
sa bouche brûlante sur
sa bouche brillante
au coeur du marché 
de minuit ; frigorifié
sans réduire l'allure
ses cheveux de coton
vert vers la montée, la porte
au paillasson hallucinogène
les substances étalées ; cubé ;
aux quatre côtés du carré ravagé
les huit paupières les dernières
après les premières condamnées
en route leurs quatre mains grêlés
croûtes de la route en déroute scellée
mais les jambes de rapidité cérébrale
mais les jambes de vivacité verticale
dans un dernier baiser recruté, enroué
dans la rue réapparue où le bout n'y est
qu'au bout ; ardent clôturé engouffrant


les corps cadenassés somnolent ; comme bleus



lundi 26 octobre 2009

ma descente florissante

 *


je divague et reste toujours
là.

le corps ne bouge plus. sans
quoi il ne veut plus. sans moi
il mourra. avec toi il ne pourra
pas.

je ne tonds pas la pelouse en
été. je ne passe pas l'aspirateur
toute l'année. je ne fais pas la
vaisselle encombrée. je ne lis
pas les livres suggérés. sauf
un.

les paupières sont baissées à
toute heure matinale. et je feins 
et je feinte et je féconde ça et ça
pour ne pas y aller, ne pas y re
tourner. je m'envase - cotonné et
seul.


*

mercredi 21 octobre 2009

estomac sucré



estomaqué ; d'un


estomac manqué

estomac maqué

estomac marqué

estomac

que je ne vois
pas.

que je ne verrai
pas.

que je viderai
sûrement
entièrement
passivement
défensivement

progressivement

d'un manque
certainement
certain

pour tant
de maladresses
pourtant
vitales.


samedi 17 octobre 2009

diable déclaré

il aiguise ses crocs dans la pénombre de l'église. près à dévorer les saletés délavées. derrière les façades de pierres cafardeuses ; il s'étend et se cache, se fondant dans le paysage malsain, pro-urbain. croque-mitaine aux tocs de chocs. son désir, groupement de blocs de proies en alignement de briques. il renifle l'air des buées, siffle hante et bloque son arrivée, oxygène. quand la prise le méprise. il est près comme l'hiver soucieux de jaillir. sans surprise. pour que les cris de sa capture dure, elle surgit, dure. la ruelle morne en cul de sac fait le festin du croque-mitaine ; et le destin, la fin, de la victime. sans mine.



jeudi 15 octobre 2009

bouffée salée


je mange en étalage.
rayons de bouillons. code barre plastifié et paradoxe à la caisse. les dents de la fourchette sont rouillés comme inanimé. embryons sous la peau, je gratte, gratte la croûte dans l'assiette. les ferrailles sur les étagères vomissent pour recycler. je danse dans une boîte à conserve sans réserve. observe les documents digérés et croise les couverts ensanglantés. conservé, conservable, concevable, à conserver. sans modération pour la déchéance de mes mots.
conservatrice.

pour demain dernier détour

*
le papier qui se brûle.
et je n'ai plus de retour.

le visage qui se plisse.
c'est salement triste.

que je n'ai plus de lettre.
pastilles touchées
pastilles coulées.